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Les 5 propriétés fascinantes du Fascia

Le fascia, souvent relégué au rang de simple tissu conjonctif, s’avère être un élément fondamental de notre organisme dont la complexité et l’importance ne cessent d’émerveiller la communauté scientifique. Au-delà de son rôle de soutien et d’enveloppement des structures corporelles, le fascia se révèle être un tissu actif et dynamique, impliqué dans des processus aussi variés que la proprioception, la mécanotransduction, ou encore l’immunité. Dans cet article, nous explorerons les propriétés fascinantes du fascia, cet acteur méconnu qui se tient pourtant au cœur de notre santé corporelle, unifiant toutes nos structures internes et agissant comme une véritable interface entre mécanique et biologie.

Unité et globalité du Fascia

Incontestablement, la caractéristique la plus connue!

Le fondateur de l’ostéopathie, Still, a mis en lumière son importance à la fin du XIXème siècle. Cette reconnaissance s’est encore renforcée en 2015, lorsque le chirurgien Pr Gimberteau, grâce à des techniques d’imagerie avancées, a confirmé les observations précédentes. Il a démontré que le fascia enveloppe, protège et relie toutes les composantes essentielles de notre organisme : les os, les vaisseaux sanguins et lymphatiques, les nerfs, les organes et bien sûr, les muscles.

Le rôle adaptatif du fascia est également à souligner. À chaque mouvement de notre corps, il se modifie et se réajuste pour prévenir les blessures et résister aux déformations, assurant ainsi la protection et l’intégrité de toutes les structures qu’il englobe. Sa fonction est si essentielle qu’il est souvent comparé à une toile d’araignée, illustrant sa capacité à transmettre des tensions d’une région à une autre.

Nous utilisons le terme « biotenségrité » pour expliquer la capacité du corps humain à s’adapter aux contraintes en se déformant tout en gardant sa stabilité

 

Capacité à se contracter

La capacité du fascia à se contracter a été mise en évidence de manière expérimentale depuis longtemps. Des thérapeutes manuels l’ont régulièrement observée et décrite, notant des sensations de relâchement, de modification de la tension ou d’effondrement sous leurs mains lors des manipulations. C’est en 1990 que le Pr Danis Bois a qualifié cette capacité de contractilité du fascia comme une propriété fondamentale, qu’il a baptisée « dynamique contractile élastique des fascias ». Il souligne que, bien que cette contraction soit naturelle et autonome, elle peut, sous certaines influences, virer à une crispation, engendrant diverses pathologies comme les contractures musculaires ou les raideurs articulaires.

Les recherches actuelles identifient des cellules nommées « myofibroblastes » au sein du fascia. Ces fibres musculaires, présentes dans différentes couches du fascia, permettent de maintenir un tonus et d’ajuster la tension du fascia face aux différentes contraintes mécaniques et situations de stress. Ce tonus est crucial pour la cicatrisation, l’hydratation des tissus, la stabilité articulaire et la fonction musculaire. Il a été observé que des modifications de ce tonus pouvaient être liées à diverses affections, telles que des troubles du rachis ou des céphalées de tension.

 

Mobilité et élasticité fasciale

Doté d’une remarquable mobilité et élasticité, le fascia joue un rôle crucial dans le mouvement, la déformation, et l’étirement nécessaires à la protection et au fonctionnement optimal des organes, muscles et vaisseaux. Sa capacité d’élasticité provient de ses fibres conjonctives et élastiques.

Par ailleurs, sa nature viscoélastique est assurée par la présence d’acide hyaluronique, un liquide produit par les fibroblastes, agissant comme lubrifiant.

Lors des contractions musculaires, les fascias, qu’ils soient situés en périphérie ou en profondeur du tissu musculaire, glissent et se déplacent les uns par rapport aux autres.

Un simple étirement peut provoquer un mouvement fascial, s’étendant de la peau jusqu’à l’os. Par conséquent, des symptômes tels que la raideur, une amplitude articulaire limitée, une tension musculaire ou une perte de force peuvent être le signe d’une altération de la capacité des fascias à coulisser correctement.

Le plus grand organe sensoriel du corps

Le fascia se distingue en tant que le principal organe sensoriel de notre organisme, surpassant même la peau et la langue en termes de densité de capteurs.

Sa richesse en innervation, couplée à la découverte de récepteurs sensoriels non seulement dans les fascias musculo-squelettiques, mais aussi dans les domaines viscéraux, osseux et crâniens, a établi son importance sensorielle cruciale.

La haute sensibilité de ce tissu joue un rôle prédominant dans diverses fonctions, telles que la perception de notre corps en action (proprioception), la régulation interne et la reconnaissance de soi (interception), ainsi que dans les processus relatifs à la douleur (nociception)

Il est essentiel de comprendre que le fascia est en liaison directe avec notre système nerveux. De plus, des anomalies comme les raideurs, les tensions ou les adhérences fasciales peuvent être à l’origine non seulement de douleurs corporelles, mais également de troubles psychologiques et d’un sentiment général de mal-être.

Interface entre mécanique et immunité

Durant de nombreuses années, l’attention des chercheurs s’est principalement concentrée sur les cellules. Aujourd’hui, une curiosité grandissante émerge concernant le milieu environnant ces cellules, à savoir les fascias.

Lorsqu’observé au microscope, le fascia révèle un réseau tissulaire complexe, semblable à une toile d’araignée, qui soutient, enveloppe et connecte les cellules entre elles.

Ce maillage ne joue pas seulement un rôle passif. Les cellules, en effet, ressentent les moindres variations de tension au sein de ce réseau et sont constamment informées des événements se produisant à proximité ou même à distance. Ainsi, le métabolisme cellulaire est intimement lié à l’environnement fascial dans lequel les cellules se trouvent.

Les chercheurs sont de plus en plus captivés par l’interaction entre les fascias et la biologie cellulaire. Une question majeure est de déterminer comment des forces mécaniques exercées sur le fascia peuvent provoquer des changements neurophysiologiques et biologiques. Via un processus appelé mécanotransduction, les signaux mécaniques transmis par les fascias sont convertis par les cellules en messages chimiques. Cette voie de communication semble fonctionner conjointement et en synergie avec le système nerveux.

Cela donne une perspective fascinante : les forces mécaniques influencent de nombreux processus, qu’ils soient physiologiques ou pathologiques.

Ces découvertes apportent une lumière nouvelle sur l’efficacité des thérapies manuelles axées sur les fascias. En étirant, tractant ou comprimant ces fascias, il est possible d’initier des réponses d’autorégulation au sein des grands systèmes du corps.

Conclusion

Chacune de ces 5 propriétés permet à elle seule d’expliquer le rôle fondamental de la Fasciathérapie dans diverses pathologies telles que la fibromyalgie ( lire l’article), la dépression, les douleurs chroniques..

Pour en savoir plus sur la fasciathérapie, c’est ici

L’exploration profonde du fascia nous rappelle l’importance de ne jamais négliger les composantes qui semblent, à première vue, secondaires ou banales de notre corps. Le fascia, loin d’être un simple tissu de soutien, est un élément clé de notre bien-être physique et mental. Sa capacité à interagir, à s’adapter et à communiquer avec les autres systèmes corporels en fait une cible thérapeutique de choix, notamment en Fasciathérapie. Comprendre le fascia, c’est donc mieux appréhender notre corps dans sa globalité, offrant des perspectives innovantes pour le traitement de pathologies. Dans l’énigme complexe de la santé humaine, le fascia pourrait bien être une des pièces maîtresses permettant d’éclairer notre compréhension et d’améliorer notre approche thérapeutique.

Sources : Courraud C. (2019) Fascias, le nouvel organe-clé de votre santé : Editions Leduc

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Cet article a 4 commentaires

  1. Babou

    Bonjour. Ayant une fibromyalgie, je suis interéssée par le sujet.

    1. Bonjour, merci pour votre commentaire. oui bien sûr, un article sur la Fibromyalgie arrive prochainement!

  2. Merci pour cet article hyper précis ! Je suis complètement ton raisonnement selon lequel Il existe un lien très fort entre la réaction du fascia et les émotions, en particulier celles qui ne sont pas exprimées ou traitées, qui peuvent y être « stockées ». Cela pourrait entraîner des tensions ou des déséquilibres dans ces tissus, pouvant affecter la posture, la mobilité et même la santé générale.

    1. Merci ton retour ! Oui, on en découvre tous les jours un peu plus

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