Cet article s’appuie sur les propos du Dr Jean-Claude Gimberteau recueillis lors d’une interview accordée au podcast Bloom In You, que je vous invite à écouter dans son intégralité. ( lien en fin d’article)
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ToggleUne voix singulière pour explorer le vivant
Lors du Congrès international de fasciathérapie en 2025, le Dr Jean-Claude Gimberteau a partagé avec passion les fruits de ses observations in vivo du fascia. Chirurgien plasticien et chercheur, il a littéralement ouvert une brèche dans notre manière de concevoir le corps humain.
Dans cette interview accordée au podcast Bloom In You, il revient sur ses découvertes les plus décisives. Ce que nous appelons « fascia » n’est ni un organe, ni un simple tissu de soutien. C’est la trame constitutive du vivant.
Voici les idées-clés de cet échange dense, vibrant et éclairant.
Le fascia n’est pas un organe
« Ce n’est pas un organe. Ce n’est pas un système non plus. C’est la matière constitutive du corps. »
Contre l’idée largement répandue que le fascia serait le « 80e organe du corps » ( voir notre article : fascia : le 80 eme organe ? ), le Dr Gimberteau propose une autre vision : il préfère parler de « système fibrillaire constitutif », présent dans tous les tissus, et qui structure notre corps de manière globale.
Une organisation irrégulière, hautement intelligente
« L’irrégularité est plus apte que la régularité. »
Sous l’endoscope, ce que l’on découvre n’est pas un tissu lisse, ordonné. C’est un entrelacs de fibres, une organisation chaotique mais hautement fonctionnelle, qui permet au corps de s’adapter, de bouger, de réagir.
Le Dr Gimberteau interroge : pourquoi la nature choisit-elle l’irrégularité ? Pourquoi l’efficience mécanique émerge-t-elle d’un apparent désordre ? Il ouvre ici la porte à une réflexion profonde, presque philosophique, sur l’intelligence du vivant.
Le fascia et les cellules : un lien indissociable
« Quand vous faites bouger le fascia, vous changez la forme des cellules. »
Une des découvertes majeures de son travail : les cellules ne sont pas indépendantes du tissu conjonctif. Elles sont littéralement imbriquées dans la trame fibrillaire.
Ce que l’on mobilise en profondeur dans le fascia agit donc aussi au niveau cellulaire.
Une tension dans la matrice provoque un déplacement, une transformation, parfois même une migration de cellules. Cette complicité mécanique entre trame et cellules est encore peu enseignée, mais elle pourrait transformer la médecine de demain.
Une révolution encore ignorée
« Les manuels d’anatomie n’ont rien changé. »
Malgré les vidéos, les preuves visuelles, les travaux accumulés depuis plus de 20 ans, l’enseignement anatomique reste basé sur des dissections de cadavres.
Il faudra du temps pour que cette vision du corps vivant, mouvant, vibrant soit pleinement intégrée dans les cursus.
Mais le Dr Gimberteau garde foi en l’évolution plutôt que la révolution. Il rappelle que les grandes transformations des savoirs prennent souvent racine dans la persévérance d’une seule voix.
Une invitation à repenser le soin
« Il n’y a pas qu’une façon de soigner. »
Chirurgien, le Dr Gimberteau reconnaît la puissance des approches manuelles comme la fasciathérapie. Il souligne que ces thérapies non invasives agissent au plus près du vivant, là où le geste rejoint la matière et l’information.
Il rend hommage à cette capacité qu’ont certains praticiens à « sentir » les tissus avec les mains, et souligne la complémentarité entre chirurgie, médecine et toucher thérapeutique.
Pour les personnes qui consultent en fasciathérapie, cette vision du fascia vivant prend un sens très concret. Elle éclaire pourquoi un toucher doux, lent et précis peut produire des changements profonds, parfois durables, sans manipulation forcée.
Ce type de toucher, centré sur l’écoute fine des tissus et de leurs micro-mouvements, est au cœur de ce que l’on appelle le toucher de relation, une qualité de présence qui permet au corps de retrouver ses propres capacités d’adaptation.
Pour écouter l’interview complète
👉 Retrouvez l’interview intégrale sur le podcast Bloom In You :
« Fascia : la structure oubliée qui relie tout »
Un entretien captivant où science, médecine et philosophie se rejoignent pour éclairer autrement notre rapport au corps.
Pour aller plus loin
Choisir un praticien formé, c’est s’offrir un cadre sécurisant et respectueux du vivant.
Pour retrouver les autres fasciathérapeutes de Suisse : Asfascia 🇨🇭